Sanctuaire pour félins dans les Landes : la préfecture dit non pour la troisième fois
Sanctuaire pour félins dans les Landes : la préfecture dit non pour la troisième fois
Publié le lundi 08 avril 2024
Sanctuaire pour félins dans les Landes : la préfecture dit non pour la troisième fois
Ici Gascogne
Publié le mercredi 27 août 2025
Le projet de sanctuaire pour félins à Mézos (Landes) est une nouvelle fois rejeté. La préfecture des Landes invoque des risques d’évasion, des conditions d’accueil insuffisantes et un modèle économique fragile.
Il n’y aura pas de sanctuaire pour félins dans les Landes, en tout cas pas pour l’instant. Le préfet Gilles Clavreul a décidé de rejeter la demande d’autorisation d’ouverture d’un tel établissement, dans un arrêté signé le 22 août et consulté par ICI Gascogne ce mercredi 27 août. Ce projet, porté par l’association Big Cats, prévoit de créer à Mézos (Landes) un lieu unique en France accueillant des tigres, des lions, des léopards dans un sanctuaire. Mais la préfecture des Landes pointe des « lacunes et imprécisions » dans le dossier, un risque d’évasion des félins si le sanctuaire voyait le jour et des problèmes de sécurité « susceptible[s] de mettre en danger le personnel ».
C’est la troisième fois que les autorités s’opposent à l’ouverture d’un tel sanctuaire, après deux premiers refus en juin 2024 et janvier 2025.
Joint ce mercredi par ICI Gascogne, Michaël Cardinel, président de l’association Big Cats, dénonce une décision « incompréhensible », un « procès d’intention » et de « l’acharnement » de l’Etat à l’encontre de son projet et de son association.
Depuis plusieurs années, il se bat pour créer un tel sanctuaire qui est censé répondre à l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques itinérants en France à partir de 2028 : c’est à Mézos que les félins auraient pu être accueillis pour y passer leur retraite. Les félins auraient été installés dans de vastes enclos, sur une superficie de plusieurs hectares à Mézos.
« Je suis déçu pour les animaux, réagit Michaël Cardinel après ce nouveau refus de l’Etat. On a de nombreux félins qui sont en attente de placement, venus de cirque, et qui sont en souffrance. Et on ne peut pas les accueillir à Mézos, ça me fait mal au cœur. »
Des problèmes de sécurité avec un "risque d'évasion"
En 2022, l’Etat a pourtant accepté de subventionner l’association Big Cats à hauteur de 544 000 euros. Mais aujourd’hui les autorités refusent d’accorder une autorisation d’ouverture. Pour justifier sa décision, le préfet des Landes invoque notamment des problèmes de sécurité avec un risque d’évasion des félins. « Les clôtures décrites dans le dossier ne permettent pas d’assurer la détention des félins dans un périmètre sécurisé […], le système électrique de dissuasion du franchissement des clôtures est sous-dimensionné » note la préfecture dans son arrêté, tout en pointant un « risque d’évasion ». Un point contesté par Michaël Cardinel : le président de l’association Big Cats estime avoir « ce qui se fait de mieux en terme de matériel ».
La préfecture estime également que les conditions d’accueil des animaux ne seront pas bonnes. « Les dimensions des loges […] sont sous-dimensionnées […], le nombre de loges prévues (13) est insuffisant pour l’effectif des félins prévu (15) » précise l’arrêté, craignant qu’un telle promiscuité entre les animaux favorise « des interactions violentes, voire mortelles, du fait des espèces susceptibles d’être accueillies au sein de l’établissement ». Les services de l’Etat regrettent aussi l’absence de ventilation dans les loges. Or, note l’arrêté préfectoral, un tel système est indispensable pour faire diminuer dans l’air la teneur en ammoniac, présent dans l’urine des félins, et qui peut être nocif pour les soigneurs comme des animaux, en entraînant des problèmes respiratoires.
La préfecture reproche aussi à l’association Big Cats de disposer d’un « modèle économique fragile », d’être trop imprécise sur le nombre de bénévoles qui permettront de faire fonctionner le sanctuaire, de ne pas avoir établi de protocole conforme pour l’évacuation des animaux en cas d’incendie ou de tempête.
"Je ne baisserai pas les bras"
Ce revers ne décourage par Michaël Cardinel : il compte désormais saisir le ministère de la transition écologique et n’exclut pas de contester l’arrêté préfectoral devant la justice administrative, pour obtenir une autorisation d’ouverture. Les travaux sont déjà bien avancés. « On a des enclos qui sont quasiment terminés. Si on reprenait rapidement les travaux, on pourrait accueillir les animaux dans quelques mois » estime le président de l’association. Le parc permettrait d’accueillir 15 félins. Mais il faudra pour cela obtenir l’accord de l’Etat. « Je ne baisserai pas les bras, promet Michaël Cardinel, je me battrai jusqu’au bout, ces animaux ont besoin de nous. »
Par Renaud Biondi-Maugey
➜ Lire l’article sur le site de FRANCE BLEU – Gascogne
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